Dr Guy Lefebvre

Chirurgien-Dentiste à Lille - Occlusodontie, Posturologie

20 place Sébastopol - 59000 Lille - Tél : 03 20 42 81 88

Menu de navigation

Pourquoi nos dents peuvent nous faire mal au cou, au dos, à la tête

Quelle est la raison pour laquelle des douleurs posturales trouveraient leur origine au niveau de la mâchoire ? Quel peut être le lien entre dents et maux de tête, dents et maux de dos, dents et torticolis, dents et sciatique, dents et vertiges, dents et fatigue…

                                                        

img_7.png

« Docteur, j’ai mal au dos et mon médecin m’a conseillé de venir vous voir parce que j’ai un déséquilibre au niveau de ma mâchoire… »

Cela peut être surprenant au premier abord et pourtant il faut savoir qu’un déséquilibre de quelques centièmes de millimètre de la mâchoire peut engendrer un chapelet de symptômes de la tête aux pieds. Mais pas n’importe comment, bien au contraire ! Le hasard n’a pas sa part dans ce concept, il s’agit bien de médecine.

Les nombreuses études menées sur la posture ont mis en évidence des capteurs envoyant des informations vers les centres nerveux supérieurs, au niveau  des noyaux du système postural, pour réguler notre système musculaire et ainsi définir notre posture (notre façon de nous tenir). Il s’agit des capteurs régulateurs de la posture, le pied et l’œil.

D’autres informations arrivent au niveau de ce système postural provenant du noyau du nerf trijumeau qui transmet entre autres, les informations provenant des muscles, des articulations, des ligaments de l’appareil manducateur (appareil servant à manger) et des dents qu’on appellera le capteur ATM (Articulation Temporo Mandibulaire que l’on sent bouger en avant de l’oreille quand on ouvre et ferme la bouche). Contrairement au pied et à l’œil, ce capteur n’est pas un régulateur de la posture, mais un capteur perturbateur dans certaines situations.

D’autres informations perturbatrices de la posture interviendront (cicatrices, blocages ostéopathiques…) mais ne font pas l’objet de cet article.

                                                               img_1.png

La recherche de l’origine des douleurs posturales devra donc se porter sur l’étude de l’ensemble des capteurs et donc demande au praticien une vision globale de son patient. C’est donc un travail d’équipe mettant en jeu, selon le diagnostic, un médecin et/ou un ostéopathe et/ou un dentiste (occlusodontiste) et/ou un podologue et/ou un orthoptiste et/ou un orthophoniste.

 

Un système qui fonctionne mal = le déséquilibre

95% de la population présentent un déséquilibre de l’occlusion, c’est à dire un déséquilibre de l’appareil manducateur quand les dents du bas s’emboitent dans celles du haut. A ce taux de 95%, je considère le déséquilibre occlusal comme normal (sans pour autant considérer les 5% équilibrés comme anormaux ).

Cela s’explique par le nombre de facteurs qui interviennent dans notre développement, mais aussi par l’extrême sensibilité de l’organe dentaire. Faites l’expérience de prendre un cheveu entre les doigts, vous ne sentirez pas son épaisseur. Placez ce même cheveux entre les dents, non seulement vous le sentirai mais en plus il vous dérangera. Quelques centièmes de millimètres suffisent pour parler de déséquilibre du capteur ATM.

Ces 95% de la population ne présentent pas tous des symptômes posturaux, un peu plus de 50% en souffrent. Le déséquilibre occlusal n’est donc pas le seul facteur nécessaire et suffisant pour déclencher les douleurs. Il faut autre chose !

 

Un système qui fonctionne trop = le serrement des dents 

Le clenching est le fait de serrer les dents de façon statique, sans mouvement.

Le bruxisme est le fait de serrer les dents de façon dynamique, c’est, grincer des dents. Le plus répandu est le clenching, et c’est aussi le plus fréquent puisqu’il existe aussi bien le jour que la nuit alors que le bruxisme n’existe que la nuit.

Ce phénomène est une réponse de notre système émotionnel, le système limbique. 

                                                       img__2.png

Toutes les informations de notre environnement, ce qu’on voit et ce qu’on entend, mais aussi toutes nos réflexions et ce qui est lié à notre personnalité, va converger vers ce système limbique. L’analyse faite de ces informations, il y aura deux réponses, l’une centrale qui identifiera l’émotion (colère, peur, tristesse, anxiété…), l’autre périphérique qui sera la manifestation physique associée à cette émotion (pleurer, rougir, transpirer, accélération cardiaque, crier, frapper, courir, serrer les dents …)

Ainsi ce clenching existera la journée quand on est concentré sur un travail, quand on est dans l’urgence, énervé, en conflit, en danger, contrarié, anxieux, quand on fait un effort physique… mais c’est surtout la nuit que le serrement de dent existe et pas n’importe quand. Il intervient à chaque cycle de sommeil dans les phases de sommeil lent léger et phase de sommeil paradoxal, période durant lesquels notre inconscient va nous faire revivre des situations de stress vécu précédemment ou non vécu, ce qu’on appelle les rêves et cauchemars.

C’est l’association DESEQUILIBRE + SERREMENT DES DENTS qui sera à l’origine des douleurs car nous serons en présence alors d’ SYSTEME QUI FONCTIONNE MAL + SYSTEME QUI FONCTIONNE TROP.

                                                       img__3.png

Cela explique pourquoi ces douleurs peuvent exister plusieurs semaines puis disparaître, puis revenir moins forte et tout à coup être insupportables.

Cela explique que ces douleurs au départ réglées par un travail ostéopathique, peuvent ne plus l’être après plusieurs séance et amener l’ostéopathe a vous suggérer une consultation chez le dentiste occlusodontiste.

Cela explique la notion de cycle de douleurs car elles seront fonction de la quantité de serrement des dents donc de votre système émotionnel, donc de ce que vous êtes entrain de vivre de façon consciente ou inconsciente.

 

 

Traiter = trouver l’équilibre

Le système émotionnel est propre à chacun et pourrait être comparé à un ordinateur en ce sens qu’il a beaucoup de mémoire mais pas de souvenir. Une porte qui claque pourra être vu par certains comme un simple courant d’air et pour d’autres comme un stress violent en les mettant en lien avec une dispute passée et traumatisante. A chacun son système limbique et si l’exercice physique, l’absence d’excitant, les traitements du terrain (Psychothérapie, homéopathie, fleurs de Bach …) peuvent améliorer, il faudra du temps, en avoir envie, être près. Hors ces patients ont mal maintenant et donc veulent être soulagé maintenant et rapidement.

(J’ai dans mes connaissances des psychothérapeutes et psychanalystes, donc des gens qui ont fait un gros travail émotionnel, qui serrent les dents. Alors ! J )

Alors le traitement comme vous l’avez compris ne se concentrera pas sur le stress mais sur le fait de trouver un équilibre occlusal, donc un équilibre du capteur ATM quand les dents sont en contact. Et pour trouver un équilibre, il faut le chercher. C’est pour cela qu’on utilise des gouttières.

                                                       img__4.png

 

1ère ETAPE DE TRAITEMENT = LES GOUTTIERES

Elles sont fabriquées à partir d’une plaque de résine thermoformée sur l’empreinte des dents

Elles recouvrent la plupart du temps les dents en bas,

Elles se portent toutes les nuits et exceptionnellement la journée,

Elles permettent en jouant sur l’épaisseur de corriger progressivement la position de la mâchoire en position d’occlusion (dents serrées), lors des contrôles mensuels,

Elles permettent avec le patient de valider la disparition des symptômes ou leur franche amélioration,

Elles permettent après plusieurs mois de résultats stables d’avoir une référence pour la suite c’est à dire la deuxième étape.

 

2ème ETAPE DE TRAITEMENT

Cette étape n’a lieu d’être que si le traitement par gouttière a donné de bons résultats, cela va sans dire. Par contre, dans ce cas, elle est indispensable car si l’équilibre existe en bouche avec la gouttière, dès que celle ci est retirée, au premier contact dentaire le déséquilibre se recrée instantanément et donc les symptômes reviennent dès les premiers serrements de dents.

Cette étape nécessite une étude sur articulateur qui permet avec le patient de faire l’analyse du nouvel équilibre à conserver et d’identifier les dents concernées par les modifications. C’est en recopiant l’équilibre trouvé avec les gouttières qu’on pourra s’en passer et rester équilibré de façon permanente.

                                                       img__5.png

Cela consiste donc à augmenter la hauteur de certaines dents. Le plus simplement avec des onlays (facettes de collage en résine), en refaisant des couronnes si il en existe déjà en bouche…

 

                                                        img__6.png

 

Il ne restera alors qu’à faire un contrôle annuel. 

Article rédigé par le praticien le 03/09/2018